Louis de Bourbon, duc d’Enghien est né le 8 septembre 1621 dans l’hôtel de Condé à Paris.

Ses parents sont: Henri II de Bourbon (1588-1646), neveu du roi Henri IV et Charlotte de Montmorency (1594-1650), sœur du malheureux Henri II de Montmorency.
Il a une sœur Anne-Geneviève (1619-1679) qui épousera le duc de Longueville et un frère, Armand prince de Conti (1629-1668).

L’hôtel de Condé, situé dans le VIe arrondissement actuel, fut démoli vers 1780 pour y construire le Théâtre de l’Odéon . L’hôtel à donné son nom à la rue de Condé ou il avait sa principale entrée.

A l’age de 8 ans, il entre au collège jésuite de Sainte-Marie à Bourges où il va résider au palais Jaques Coeur. Dès l’age de 19 ans il servit sous les armes.

Soumis aux volontés paternelles, il est obligé de prendre pour épouse, le 11 février 1641, Claire-Clémence de Maillé-Brézé (1628-1694), nièce du cardinal de Richelieu (1585-1642).

Le grand amour de sa vie sera Marthe de Vigean duchesse de Fronsac (1623-1665), dont il va se séparer en 1645 et qui va passer le reste de sa vie dans un carmel.

L’année 1643, marque le début de la prestigieuse carrière de celui qui par son talent de stratège et commandant va porter à travers les siècles le nom de Grand Condé.
C’est le 19 mai 1643, à Rocroi, que les armées de Flandre et de Picardie, commandées par le jeune duc d’Enghien, sortent victorieuses de la bataille contre la puissante force espagnole. Cette victoire est la première remportée depuis un siècle par l’armée française. Les Espagnols, jugeant la France affaiblie par la mort de Richelieu, prennent l’offensive dans les Ardennes, et une armée de 26 000 hommes met le siège devant la place forte de Rocroi. Condé, nommé commandant par la faveur de Richelieu, décide de libérer la ville. Il fait passer son armée par un défilé, fait irruption dans la plaine et met en déroute par une charge de cavalerie les troupes espagnoles. Les Espagnols perdent 15 000 hommes et cette bataille marque la fin de leur puissance militaire. Quelques mois après, le 10 août 1643, le duc d’Enghien prit Thionville coupant les Pays-Bas de L’Empire.

La reine Anne d’Autriche restitue en octobre 1643, à Charlotte de Montmorency les seigneuries de Chantilly, Gouvieux et Dammartin, que la Couronne avait confisquées en 1632, après la rébellion d’Henri II de Montmorency. La Princesse va s’attacher à faire revivre et embellir le château de Chantilly où elle avait passé sa jeunesse.

Pour le duc, les victoires s’ensuivent:

  • Fribourg (3-9 août 1644),
  • Nördlingen (3 août 1645),
  • prise de Dunkerque (7 oct. 1646).

Son père meurt le 26 décembre 1646, et le duc d’Enghien devient le IIème prince de Condé.
En mars 1647, il part pour soumettre la Catalogne, il échoue devant Lérida (18 juin), mais le 20 août 1648, il bat l’archiduc Léopold-Guillaume et les Espagnols à Lens.

Mais la Fronde éclate.

En 1648, la France est gouvernée par la régente Anne d’Autriche, mère du jeune roi Louis XIV (9 ans), et son principal ministre, Mazarin (1602-1661). Le pays est engagé dans les guerres extérieures contre les Habsbourg et cet effort nécessite d’accroître les impôts. Il n’en faut pas plus pour une révolte. Le 13 mai 1648, c’est le début de la Fronde des parlementaires. La régente Anne d’Autriche feint de se soumettre avant de faire arrêter le conseiller Pierre Broussel.  Le 26 août, Paris se soulève au cours d’une  » journée des Barricades ». La régente doit faire libérer ses prisonniers.

A l’automne, la guerre de Trente ans se termine avec un succès diplomatique pour la France. Le 5 janvier 1649, Mazarin, la régente et le jeune roi Louis XIV, s’établissent à Saint-Germain-en-Laye, le Parlement prend en main le gouvernement, tandis que l’armée royale commandée par le Grand Condé fait le siège de Paris.

Par la paix signée le 11 mars 1649 à Rueil, les Frondeurs sont généreusement amnistiés.

Pendant huit ans il va vivre retiré à Chantilly où il va dédier son besoin d’action, à l’embellissement du domaine. Son plan comporte non seulement la transformation du château, mais aussi la création d’un parc immense agrémenté de pièces d’eau, de fontaines et des cascades, peuplé d’animaux et d’oiseaux, ainsi que la création d’un domaine forestier pour la chasse et la promenade. Le Nôtre était à l’oeuvre dès 1663, assisté de Pierre Desgots, de l’architecte Daniel Gittard, de jardinier La Quintinie et de l’ingénieur de Manse, qui a laissé son nom au pavillon de la machine élévatoire.

Des nouvelles campagnes éblouissantes, lors de la l’invasion des Provinces-Unies (nom porté par la partie nord des Pays-Bas de 1579 à 1795), en 1672 et la victoire de Sennef en 1674, éloignent Condé de Chantilly.
A la mort de Turenne (un coup de boulet à Salzbach, le 27 juillet 1675), le roi le nomme de nouveau commandant de l’armée et il force le redoutable prince Raimondo Montecuccoli (1609-1680) à lever siège de Haguenau et de Saverne et à quitter le sol de l’Alsace. Pour sa dernière campagne, le brillant guerrier a montré qu’il peut obtenir victoire sans livrer un sanglant combat.

A partir de 1676, Condé va se retirer à Chantilly et reporter tout son intérêt et toute son énergie à le rendre encore plus splendide. Les visiteurs s’empressent tant pour rencontrer l’hôte de ces lieux que pour voir ce beau domaine. Une petite cour se constitue.

Pour distraire ses invités et par goût personnel, Condé fait venir des comédiens, des philosophes (Bourdaloue, Bossuet, Malebranche) et des poètes (Boileau, Racine).

Passionné par la lecture, il s’attache aussi, à se constituer une bibliothèque à l’hôtel Condé à Paris.

Le 11 décembre 1686, il s’éteint, à Fontainebleau, restant jusqu’à la fin calme, lucide, maître de lui, restant jusqu’à la fin le « Grand Condé ».
Suivant la tradition, le cœur du défunt fut prélevé, placé dans une cassette de plomb revêtue de vermeil doré et transporté en grande pompe à l’église des jésuites, rue Saint-Antoine. Quant au corps du prince, il fut inhumé le 23 décembre dans l’église de Vallery, au pied de l’autel, dans la sépulture familiale des Condé.
Quand Louis XIV apprit la mort de Condé, il s’exclama:
« Je viens de perdre le plus grand homme de mon royaume! », et le prince d’Orange, qui fut maintes fois l’adversaire de Condé sur le champs de bataille, dit à son entourage:
« Il vient de mourir le plus grand homme de l’Europe! ».

C’est sur l’ordre du roi, que Bossuet donna l’Oraison Funèbre du prince de Condé, le 10 mars 1687, à Notre-Dame de Paris. La décoration de la Cathédrale qui fut réalisée pour cette cérémonie passa pour la plus belle et la plus considérable qu’on eût jamais vue.

A sa mort conformément à la tradition, son cœur fut prélevé et transporté en grande pompe à l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris.

Le 23 décembre, son corps fut inhumé dans le caveau des Condé, dans l’église de Vallery (89150), à côté de son père Henri II de Condé.

Sa femme mourra en 1694, à Châteauroux, où elle vivait exilée depuis 1671, et bien que les rumeurs attribuent cet exil à un « faux pas », les antécédents familiaux laissent croire que l’état de sa santé mentale était très dégradé. Ils eurent trois enfants: Henri-Jules de Bourbon (1643-1709), Louis de Bourbon (1652-1653), Melle de Bourbon (1657-1660). Son fils, Henri-Jules était hautain, violent et sujet à des fantaisies bizarres jusqu’à se croire lièvre, plante ou chauve-souris, mais respecta le souhait de son père et il fit édifier l‘église Notre-Dame de Chantilly, de 1687 à 1691.

Les armes des princes de Condé: d’azur aux trois fleurs de lys d’or et au bâton péri en bande de gueules en abîme.

x Shield Logo
This Site Is Protected By
The Shield →