Vers 1855, s’établissait à Chantilly l’une des plus grandes cantatrices de l’époque : Mme Laure Cinti-Damoreau, la « serinette » de Paris, qui tout au long de sa carrière, sera admirée pour sa virtuosité et pour la flexibilité et la justesse de sa voix.
Elle a été par ailleurs, la première femme professeur de chant au Conservatoire de Paris, de 1833 à 1856 et a formé d’excellentes élèves. Elle a écrit une remarquable Méthode de chant (1849).
Laure Cinthie Montalant est née le 6 février 1801, à Paris.
Son père, François-Parfait Montalant, était professeur de langues et sa mère, Marie-Victoria, née Bougy, était graveuse.
Sa sœur aînée, Pensée-Euphémie Montalant, était artiste peintre.
Laure épouse le ténor Charles-Vincent Damoreau (1793-1863), le 13 novembre 1827 à Bruxelles. Ce mariage ne fut pas heureux, ils vivaient séparés. À la fin de leurs vies, Laure-Cinthie vivait à Chantilly, dans sa maison au no. 32 de la Grande Rue et Charles Damoreau à Écouen.
Ils auront un fils Antoine Frédéric Hippolyte Damoreau (1828-1852) et une fille Fanny Marie Damoreau (1834-1906), cantatrice appréciée par Rossini et qui épousa le compositeur Jean Baptiste Théodore Weckerlin (1821-1910).
Après des études de piano, de solfège et d’harmonie au Conservatoire de Paris, Laure-Cinthie Montalant fait ses débuts au Théâtre-Italien en adoptant comme pseudonyme son second prénom italianisé, Cinti.
Elle a brillé ensuite à l’Opéra et à l’Opéra-Comique. Elle a créé des rôles dans les opéras de Rossini, d’Auber et de Meyerbeer. À l’Opéra-Comique elle est l’interprète favorite d’Auber.
« C’est de la dentelle de Chantilly » disait Auber en parlant de ses vocalises.
Ses apparitions à l’étranger sur les scènes de Belgique, Russie, États-Unis ou Cuba sont marquées par le même succès. Sa carrière est exceptionnelle aussi bien pour le nombre de créations que pour la diversité du répertoire : elle est l’une des rares chanteuse à s’illustrer dans l’opera buffa, l’opera seria, le grand opéra et l’opéra-comique.
À partir de 1841 elle se retire de la scène et ne s’occupe plus que de sa classe au Conservatoire.
Laure Cinti-Damoreau est décédée le 25 février 1863. Elle est enterrée dans le cimetière de Montmartre, dans la 26e division, 2e ligne, n° 25, avenue Berlioz.
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L’encyclopédie en ligne Wikipédia, mentionnait le décès de Mme Laure Cinti-Damoreau à Chantilly. Son acte de décès est cependant, enregistré à Paris dans le 9e arrondissement et peut être consulté sur le site des Archives de Paris – acte no.264/1863. Laure Cinti-Damoreau est décédée à son domicile parisien de la rue Laval No.22.
Dans les Archives de l’État-civil de Chantilly on trouve l’acte de décès de sa sœur Pensée Euphémie Montalant, acte no. 135 du 30 juillet 1859, ce qui pourrait expliquer la confusion.
Sur cette base nous avons corrigé l’information dans l’encyclopédie collaborative, qui affiche désormais la version correcte, mais certains sites continuent à mentionner le décès de Laure Cinti-Damoreau à Chantilly.
Une autre cantatrice célèbre de cette époque , Henriette Clémence Méric-Lalande (1799-1867) est décèdée à Chantilly, mais elle n’habitait pas la ville.
