Cette grande dame de la Renaissance qui travaillait inlassablement aux côtés de son illustre époux a été presque totalement oubliée dans l’ombre de celui-ci.

Madeleine de Savoie, duchesse de Montmorency

Madeleine de Savoie

Madeleine de Savoie est née probablement vers 1510.

Sa mère s’appelait Anne comtesse de Tende, de la maison de Lascaris (1487 – 1554) et son père, René de Savoye,  » le Grand Bâtard «  (1473 – 1525), légitimé comte de Villars, gouverneur de Provence, était le demi-frère de Louise de Savoie, mère de François I.

Aussitôt que Madeleine fut en âge d’être mariée, sa mère Anne de Tende avec l’appui de sa belle-sœur Louise de Savoie, négocie le mariage avec Anne de Montmorency (1492–1567), maréchal de France, à l’époque.

Le mariage et la famille

Le mariage fut célébré au mois de janvier 1526, à Saint-Germain-en-Laye, en présence de toute la cour.

Le roi offre un présent de cinquante mille livres et la terre de la Fère-en-Tardenois (Aine, 02130).

 

 

Douze enfants sont nés de ce mariage :

  • François (1530-1579),
  • Henri (1534-1614),
  • Charles (1537-1612),
  • Gabriel (1541 – 1562),
  • Guillaume plus connu sous le nom de Thoré (vers 1547-1594),
  • Madeleine (1582-1615),
  • Éléonore, ( ? – vers 1557),
  • Jeanne ( ? – 1596),
  • Catherine (1532-1624), Anne († 1588),
  • Louise,
  • Madeleine (morte en 1598).
château de Fère en Tardenois
Madeleine de Savoie et trois de ses filles

Madeleine de Savoie et trois de ses filles

Madeleine de Savoie, bâtisseuse et gestionnaire

L’empire d’Anne de Montmorency atteignait des dimensions considérables. Souvent absent, occupé par ses charges militaires ou diplomatiques, il devait confier la gestion de ses vastes domaines à des personnes de confiance.

Son père, Guillaume de Montmorency, joua ce rôle jusqu’à sa mort en 1531. Mais dès 1526, c’est surtout son épouse, Madeleine de Savoie, qui prend les rênes à Chantilly, alors au cœur de leur seigneurie.

À la Renaissance, le partage des responsabilités entre époux est courant, et Madeleine incarne à la perfection cette répartition. Les documents conservés à Chantilly dressent le portrait d’une mère fière à la tête d’une nombreuse famille, mais aussi d’une véritable grande intendante, active sur tous les fronts : chantiers de construction, gestion des biens, surveillance des dépenses.

Les archives témoignent de son rôle de gestionnaire et de bâtisseuse. Elle supervise, entre autres, la construction du Petit Château de Chantilly, des sept chapelles, de l’hôtel de Beauvais, des châteaux d’Écouen et de Fère-en-Tardenois, sans oublier plusieurs édifices aujourd’hui disparus, comme les châteaux de Compiègne, d’Offemont ou de Gandelu.

C’est elle qui ordonne le paiement des artisans – maçons, plâtriers, couvreurs, serruriers, charpentiers, menuisiers – et qui fixe elle-même les amendes en cas d’infraction.

Madeleine de Savoie en oraison

L’avis de Jean Le Laboureur (ecclésiastique, écrivain et un historien, 1623 – 1675) sur son rôle interpelle :

 

« Quand le Maréchal de Montmorency était à la tête de l’armée […], elle allait visiter ses châteaux, en réparait les ruines, et se renfermait dans l’intérieur de son domestique. C’est là qu’au milieu de ses fermiers et de ses vassaux, elle était aussi grande que le Maréchal à la tête des armées»

La mort du Connétable

En 1538, le maréchal de Montmorency fut élevé à la dignité de connétable, et fut exilé quelque temps après. Madeleine, après avoir partagé sa fortune, partagea sa disgrâce, et se retira avec lui à Chantilly. Cet exil dura sept ans.

Le connétable reprit le commandement de l’armée. Mortellement blessé au cours de la bataille de Saint-Denis il expira dans les bras de son épouse le 12 novembre 1567.

Madeleine consacra son veuvage à la gloire de son mari : elle lui fit élever un superbe mausolée dans l’église de Saint -Martin de Montmorency.

Madeleine de Savoie à la cour

En 1570, Charles IX la fit venir à la cour, pour être première dame d’honneur d’Elizabeth d’Autriche sa femme. Madeleine alors âgée de soixante ans y consentit, pour pouvoir veiller sur ses enfants qui avaient embrassé le parti des Calvinistes. Après l’horrible massacre de la Saint-Barthélemy, Madeleine, à la sollicitation de Catherine de Médicis, s’empressa de réconcilier ses enfants avec les Guises.

 Dècés

Elle mourut en son hôtel de Paris, en 1586, à l’âge de soixante – seize ans.

Son corps fut porté dans l’église de Montmorency, à côté de celui de son mari.

Gisants d'Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie

Gisants d’Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie

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