Henri-Polydore Maubant

270e sociétaire de la Comédie-Française
(Chantilly, 23 août 1821 – Courbevoie, 3 juin 1902)

Fils de Chantilly, Henri-Polydore Maubant – dit simplement Maubant – fut l’une des grandes figures de la Comédie-Française au XIXᵉ siècle.

Apprenti horloger passionné de théâtre, il entre au Conservatoire en 1839 et obtient trois ans plus tard un deuxième prix de tragédie. Ce succès lui ouvre les portes de la Comédie-Française, où il débute dans Iphigénie, Manlius Capitolinus et Œdipe.

Après un passage remarqué à l’Odéon aux côtés de Bocage et de la célèbre Marie Dorval, il rejoint définitivement la Comédie-Française en novembre 1843. Il y restera… quarante-cinq ans !

Son allure majestueuse, sa voix grave et sa précocité de « pères nobles » l’imposent dans les rôles tragiques : Burrhus (Britannicus), Marc-Antoine (Cléopâtre), Mithridate, Thésée, Don Diègue, Auguste… Il excelle aussi dans les drames romantiques de Victor Hugo (Hernani, Marion Delorme, Le Roi s’amuse) et dans les grandes créations du XIXᵉ siècle (La Fille de Roland, Jacques des Rantzau).

Mais Maubant ne se limite pas à la tragédie : dans le répertoire comique, il incarne le raisonneur par excellence (Ariste, Cléante, Philinte), Chrysale des Femmes savantes, Don Louis dans Dom Juan, ou encore Vanderk dans Le Philosophe sans le savoir.

Respectueux de la tradition, sérieux et consciencieux, il gagne le surnom affectueux de « l’honnête Maubant ». Nommé professeur au Conservatoire en 1881, il forme des nouvelles générations de comédiens jusqu’en 1894.

Retraité en 1889, il fait une ultime apparition en 1900 lors de la réouverture de la salle Richelieu, restaurée après l’incendie du 8 mars.

Grand amateur de billard, il comptait parmi les partenaires du président Jules Grévy à l’Élysée.

En 1882, il épouse la tragédienne Caroline Duveau, dite Karoly, avec qui il a une fille, Geneviève.

Il s’éteint à Courbevoie en 1902, à la suite d’un accident de la circulation.

Pin It on Pinterest

Share This