Un explorateur de Chantilly en Afrique :Charles Maurice Versepuy
À la fin du XIXe siècle, l’Afrique attire explorateurs et scientifiques européens vers des territoires encore peu connus. Parmi eux figure Charles Maurice Versepuy, jeune explorateur de Chantilly. Son expédition en Afrique illustre l’esprit de découverte de son époque et les risques que ces voyages comportaient.
Charles Maurice Versepuy: une enfance à Chantilly

Charles Maurice Versepuy
L’explorateur Charles Maurice Versepuy voit le jour le 26 mai 1869 à Chantilly, dans la famille de Victor Émile (1831-1893) négociant exportateur et Marie Édith Martine (1844-1873). Ils habitaient dans une villa de la ruelle Gaillard, devenue maintenant ruelle Versepuy. Cinq enfant sont nés dans cette famille mais seulement Charles Maurice et son frère ainé Arnold Victor (1862-1898) atteignent l’âge adulte.
Le grand-père paternel Amable Dieudonné (1791-1881), dont la famille est originaire de Riom (Puy-de-Dôme) avait été fait Chevalier de la Légion d’honneur en 1819.
Premiers voyages
En 1892, à seulement 23 ans, Charles Maurice entame un long périple à travers plusieurs continents. De l’Italie à l’Égypte, des Indes à la Birmanie, de Java au Siam, puis du Japon jusqu’aux États-Unis, il fait pratiquement le tour du Monde.
À son retour, il obtient du ministère de l’Instruction publique, la charge d'une mission scientifique en Afrique orientale.
Avant son départ, dans une lettre émouvante adressée à son frère Arnold, il confie ses pensées les plus intimes :
« N’est-il pas moins banal d’aller finir ses jours en Afrique pour son pays que de mourir tranquillement dans son lit ou dans un vulgaire accident ?… Je quitte la France avec cette pensée de probabilité de mort en pays inconnu, sans aucune crainte, dans l’espoir d’être utile à ma chère patrie… »
Source Le Morbacher 1897, gallica.fr
Cap sur l’Afrique
Le 3 mai 1895, Charles Maurice embarque à Marseille, accompagné du baron de Romans et du dessinateur Maurice Sporck (1871–1955), à destination de Zanzibar Zanzibar est un archipel tanzanien situé au large des côtes de l'Afrique de l'Est. En 1895 Zanzibar était un protectorat anglais. Jules Verne fait de Zanzibar le point de départ de l'expédition d'exploration devant mener aux sources du Nil dans son roman d'aventures 'Cinq semaines en ballon' publié en 1863., puis de Mombasa Mombasa, ville portuaire au sud de Kenya a été une place startégique convoitée par tous, notamment comme port d'embarquement de l'ivoire, de l'or et des épices. Faisant partie du Sultanat de Zanzibar, passe en 1895, sous contrôle britanique., point de départ de leur traversée de l’Afrique.
Le projet de Versepuy est ambitieux : partir du rivage de l'Afrique orientale vers le mont Kenya et de passer à l'Ouest par la région des grands lacs.
Le Kilimandjaro
L’expédition quitte Mombasa le 7 juillet 1895. Ils avancent accompagnés de 140 porteurs et d’une quinzaine d’AskarisAskari est un mot arabe signifiant « soldat ». Le terme était employé pour désigner les troupes indigènes des empires coloniaux européens (en premier lieu l'empire colonial allemand) en Afrique de l'Est et au Moyen-Orient. armés.
Pour organiser une expédition dont la durée est estimée à plus d’un an, la question du ravitaillement et du matériel est essentielle. Il faut emporter tout ce qui sera nécessaire à la marche, aux observations scientifiques, à la collecte de spécimens et à la vie quotidienne : instruments scientifiques et de naturalisation, boussoles, baromètres, appareils photographiques et plaques de verre, armes et munitions, médicaments, vêtements et cartes, mais aussi outils et ustensiles indispensables au campement.
À cela s’ajoutent les provisions et les conserves, sans oublier les objets les plus ordinaires, mais tout aussi indispensables, comme les allumettes, les ustensiles de cuisine et les ouvre-boîtes. Pour franchir les cours d’eau, l’expédition dispose également de canots pliables Benthon. Enfin, des marchandises destinées au troc ou aux échanges avec les populations rencontrées complètent cet imposant chargement.
Tout ce matériel doit être soigneusement réparti et conditionné dans des caisses de transport, conçues pour résister autant que possible aux conditions du voyage. Chaque objet, chaque provision doit être prévu et calculé : dans une expédition de cette durée, l’oubli d’un élément essentiel peut rapidement devenir un problème majeur pour la survie et la progression de l’ensemble du groupe.
La caravane progresse par la vallée du fleuve Pangani, Cette vallée était un choix stratégique pour gagner les lacs, et en particulier le Victoria-Nyanza. Elle présentait l'avantage que la mouche tsé-tsé, qui peut tuer même les éléphants, n'y existe pas, et qu'on peut faire convoyer vivres et bagages par des ânes et des bœufs.
La mission parcourt ensuite, les environs du lac JipeLe lac Jipe est un lac interterritorial à cheval sur les frontières du Kenya et de la Tanzanie. C'est un lac peu profond (moins de 3 mètres de profondeur) qui forme un système riche en biodiversité et en suivant la route de Taveta ils atteignent le versant septentrional du mont Kilimandjaro ( 5 891,8m), après plus de 300 km de marche.
Contournant le massif, les voyageurs poursuivent leur route vers le lac RodolpheLe lac Turkana, anciennement nommé lac Rodolphe, est un lac de soude, le plus grand lac permanent en milieu désertique et du plus grand lac de soude. Il contenait autrefois la plus importante population africaine de crocodiles du Nil. et le Mont Kenya.
Épreuves sur la route du Mont Kenya
Contournant le massif du Kilimandjaro, les voyageurs se heurtent bientôt aux premières grandes difficultés : de nombreux porteurs désertent, forçant l’expédition à vivre de la chasse pour subsister. Malgré ces épreuves, Versepuy et ses compagnons atteignent, au bout de quatre mois d’efforts, le poste anglais de Kikouyou, à la périphérie de Nairobi dans l’actuel KenyaKenya débuta par ce qui fut un protectorat allemand sur ce qui était auparavant une partie des possessions du sultan de Zanzibar. Les Anglais commencent la colonisation du Kenya entre 1884 et 1886. En 1895, elle est cédée par Berlin au Royaume-Uni , à 256 km de Kilimandjaro.
Ils avaient prévu de continuer vers le nord, vers le Mont Kenya, deuxième plus haut sommet d'Afrique, derrière le Kilimandjaro. La plus haute pointe Batian, culmine à 5 199 mètres. Il a été est découvert par les Européens en 1849 et le sommet est véritablement vaincu en 1899.
À peine partie, l'expédition dut livrer un sanglant combat, en novembre, pour se défendre contre les MassaïEn novembre 1895, dans la vallée de Kedong, Versepuy, de Romans et Andrew Dick, un commerçant anglais furent pris dans un affrontement avec les Massaï. Dick y trouva la mort. L'épisode, relaté dans le journal de l'expédition, témoigne des difficultés et des dangers rencontrés dès les premiers mois du voyage.. Ils furent obligés, afin de reconstituer la caravane, de revenir en arrière, à Kikouyou (Kenya), où ils restèrent presque un mois.
Vers les Grands Lacs
Une fois réorganisés, les explorateurs reprennent leur marche vers l’intérieur des terres. Ils rejoignent successivement le lac Naivasha, un lac d'eau douce d'une superficie de 139 km² et entouré par un marais de 64 km², qui abrite une faune variée et une population non négligeable d'hippopotames. Son nom signifie "eaux agitées" à cause des tempêtes soudaines qui peuvent s'y déclencher. La horticulture, essentiellement la production de roses, a practiquement assèché le lac dans les années 1990 (à 80 km de Kikouyou), puis le lac Nakuru, un lac de soude ou alcalin (en raison de sa forte concentration en sels carbonaté), lac de faible profondeur qui abrite une faune importante : flamants roses, pélicans,rhinoceros, buffles, zèbres, lion, léopards, gazelles, etc., avant de traverser la ville d'Eldama Ravine et d’entrer dans le pays du Kavirondo (aujourd’hui golfe de Winam), pour enfin atteindre le nord du lac Victoria Nyanza.
Après avoir parcouru plus de 400 km, la caravane arriva au nord du lac Victoria NyanzaLe lac Victoria Nyanza est le plus grand lac d'Afrique et le troisième au monde., qu'ils contournèrent par le nord-est. Ils travèrserent la frontière de l'Ouganda et le 19 janvier 1896 ils traversèrent le NilLe Nil quitte le lac Victoria aux chutes de Ripon, près de Jinja, Ouganda ; il porte le nom de « Nil Victoria » , sur la rive nord du Victoria Nyanza.
En Ouganda
Les voyageurs gagnent Mengo, capitale du Protectorat britannique de l'Ouganda britaniqueLe protectorat de l’Ouganda a été établi par l’Empire britannique sur l’Ouganda de 1894 à 1962..

Le palais Mengo, Ouganda.
Après un court séjour, ils poursuivent leur route en suivant la rivière Katonga, dont le lit est continu entre entre les lacs Victoria et George, pour atteindre le lac Wamala, un lac d'eau douce d’une superficie d'environ 250 km, parsemé de nombreuses îles qui abritent des espèces d'oiseaux et d'animaux menacées.
Dans cette zone, jusqu'au au lac Albert-ÉdouardLe lac Édouard ou (Albert-Édouard) est un des Grands Lacs d'Afrique, situé à 920 mètres d'altitude, et d'une surface totale de 2 150 km² s’étendent d’immenses marais infestés de moustiques.
La fièvre frappe durement les explorateurs : Versepuy est atteint à son tour, alors que le baron de Romans, déjà malade, doit être transporté dans un hamac par les porteurs.
Le paludisme est l'un des principaux fléaux auxquels sont confrontées les expéditions européennes en Afrique. On connaît depuis longtemps la quinine, extraite du quinquina, utilisée pour prévenir et traiter les fièvres paludéennes. Les voyageurs en emportent dans leurs provisions et en prennent régulièrement, mais ce traitement est loin d'être une protection absolue. Surtout, on ignore encore le rôle du moustique dans la transmission de la maladieCe n'est qu'en 1897 que le médecin britannique Ronald Ross démontrera que le moustique est le vecteur du paludisme.. Les hommes de l'expédition Versepuy disposent d'un médicament efficace contre la maladie, mais ignorent encore comment ne pas la contracter.
Rectifier Stanley
Malgré ces souffrances, l’expédition poursuit ses recherches et corrige plusieurs erreurs cartographiques héritées de StanleyHenry Morton Stanley (1841–1904), célèbre explorateur de l’Afrique, demeure une figure controversée, mêlant exploits et brutalité coloniale., dont ils suivent en partie l’itinéraire.
Ils établissent ainsi que le lac George Le lac George est situé au nord-est du lac Édouard. Bien qu’appartenant au système des Grands Lacs, il n’est pas considéré comme tel. Il se situe sur l’équateur. est un plan d’eau distinct et non une annexe du système Édouard-Albert auquel il est relié par le canal de Kazinga. Ils découvrent également le lac Bunyampaka, que Stanley avait omis de mentionner dans ses explorations, un lac de cratère salin peu profond, situé à 900 m d’altitude qui joue un rôle important dans la production de sel local.
Aux portes du Congo
L’expédition prend la direction du nord-est, vers les montagnes du Rwenzori, ou Ruwenzori, une chaîne montagneuse située entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, qui culmine à 5 109 m au pic Marguerite du mont Stanley, troisième sommet d’Afrique après le Kilimandjaro et le mont Kenya. C’est l’une des rares montagnes englacées du continent. Dans le récit de son voyage devant la Société Belge de Géographie, le baron de Romans dira que le reflet des montagnes Rwenzori dans les eaux du lac George est une de plus merveilleuses images qui a vu pendant l'expédition.
En avril 1896, après avoir quitté Katwé (Fort George), sur les rives du lac Édouard, la caravane est de nouveau attaquée et doit livrer un combat meurtrier avant de pouvoir poursuivre sa route.
Les voyageurs pénètrent alors dans l’État indépendant du CongoL’État indépendant du Congo (1885–1908) était une possession privée du roi Léopold II de Belgique. Il fut intégré par la suite au Congo belge..
Contournant les contreforts du Rwenzori, ils se dirigent vers la rivière Semliki, porte d’entrée au cœur de l’Afrique équatoriale.
La forêt équatoriale
Les périls augmentent avec le manque de vivres, quand on s'engage dans l'immense forêt équatoriale, où s'entassent à étouffer les arbres géants. Il n'y a pas un chemin tracé. On s'avance au hasard de la boussole dans la grande forêt africaine, où, au début, leur marche est très pénible; ils y trouvent principalement des lianes à caoutchouc, l'ébénier et le fromager ils y rencontrent aussi des léopards et de nombreux troupeaux d'éléphants. Ils furent menacés de la famine et exposés à des vives souffrances. Ils ne se sont nourri longtemps que de quelques épis de maïs parcimonieusement ménagés et pilés entre deux pierres. Ajoutez l'épuisement de la centaine de porteurs contraints de porter les lourdes charges.
De l’Ituri au Congo
L’expédition va atteindre la rivière Ituri en parcourant l’immense forêt vierge aux dangereux marécages. On la franchira en pirogue, malgré ses rapides violents. L’Aruwimi la partie basse d'Ituri porte le nom d'Aruwimi fut ensuite franchi et la mission arriva ainsi à Bassoko, poste belge situé au confluent de l’Aruwimi avec le fleuve Congo, où après un long détour, le reste de la caravane rejoint M. Versepuy.
M. Versepuy s’y embarque pour descendre le grand fleuve, mais les fièvres contractées pendant le voyage et ne le quittèrent plus.
Retour en Europe
À Boma, le gouverneur général belge met à la disposition de M. Versepuy son yacht, qui le conduit à Kabinda. De là, le 3 août 1896, il s’embarque pour l’Europe sur le paquebot portugais Cabo Verde. Il arrive à Paris le 27 août.
Huit jours plus tard, le 3 septembre 1896, l'explorateur meurt des suites de la maladie. qu'il avait contractée pendant le voyage. Il est enterré dans le cimetière Bourillon.
Depuis le 4 juin 1898, une des places centrales de la ville porte son nom.
L’héritage de l’expédition
L’expédition rapporte de nombreuses collections de plantes, des spécimens d’animaux, des observations ethnographiques, ainsi qu’un jeune léopard vivant destiné au Jardin des Plantes.
Un jeune Africain Massai, nommé Vaziri, qui s’était distingué par son intelligence et son dévouement, accompagne l’explorateur en France.
M. Versepuy laisse également des aquarelles représentant paysages et scènes locales, réalisées au cours du voyage.
Cette expédition, financée sans l’aide de l’État ni des sociétés savantes, demeure un exemple d’initiative et de courage individuel au service de la connaissance du continent africain.
Dans son assemblée générale du 19 mars 1897, la Société de Géographie de Paris a remis la Médaille d’or, prix Louise Bourbonnaud Louise Cosseron, épouse Bourbonnaud, (1846-1915), est une écrivaine, exploratrice et philanthrope française. Elle crée et dote de 350 francs, en 1892, à la Société de géographie de Paris, un prix destiné à récompenser les récits de grands voyageurs français, toujours décerné en son nom à la mission Versepuy.
Des deux survivants de la mission, Maurice Sporck (1871-1955) est le seul qui a continué la vie d'explorateur. En 1901 il organise et prend part à la première partie de la mission du Bourg de Bozas en 1900.
Le XIXe siècle est une époque marquée par une véritable fascination pour l’exploration des espaces "inconnus". Sur les cartes, de larges zones blanches subsistent, notamment en Afrique centrale, en Asie intérieure ou en Amazonie. Les grandes puissances européennes financent et encouragent des expéditions visant à cartographier les territoires, à étudier la faune, la flore et les populations, mais aussi à affirmer leur influence. Derrière les récits héroïques se cache pourtant une réalité bien plus complexe et souvent plus rude que l’image romantique de l’explorateur aventurier.
Les explorateurs du XIXe siècle présentent des profils très variés. On trouve des militaires, habitués à organiser et diriger des expéditions, mais aussi des scientifiques — géographes, botanistes ou médecins — partis observer et documenter le monde. Il y a également des aventuriers en quête de reconnaissance ou de fortune, ainsi que des missionnaires, qui jouent eux aussi un rôle important. Beaucoup d’explorateurs sont d’ailleurs difficiles à définir, mêlant plusieurs de ces compétences et motivations. Derrière chaque expédition se trouvent également des acteurs indispensables : guides, porteurs, interprètes ou chasseurs locaux. Sans eux, rien ne serait possible. Ils connaissent les terrains, les langues et les usages, assurent la survie du groupe et facilitent les contacts avec les populations. Longtemps oubliés dans les récits européens, leur rôle est aujourd’hui mieux reconnu comme déterminant dans la réussite des expéditions.
Une telle entreprise est par ailleurs complexe et coûteuse. Elle nécessite des financements importants et mobilise un matériel considérable : instruments scientifiques, vivres, marchandises de troc, vêtements, équipements et moyens de transport. Les explorateurs avancent en caravanes parfois très nombreuses, dépendantes des saisons et des conditions climatiques. Malgré cette organisation, tout reste fragile : une maladie ou un incident peut compromettre l’ensemble du voyage.
À titre d’exemple, une expédition en Afrique centrale à la fin du siècle pouvait coûter l’équivalent de plusieurs centaines de milliers d’euros actuels. Les budgets conservés pour les missions Dybowski et Maistre permettent de donner une idée de l’ordre de grandeur des dépenses nécessaires à une expédition africaine à la fin du XIXe siècle. Ils montrent surtout que les instruments scientifiques ne constituaient qu’une faible part du budget : l’essentiel des dépenses concernait les hommes, les porteurs, les transports, le ravitaillement, les marchandises de troc, l’armement et les relations avec les autorités locales. Ces données fournissent ainsi un point de comparaison pour apprécier l’effort financier consenti par Maurice Versepuy pour sa propre expédition.
Mais, malgré les progrès des techniques et l’organisation minutieuse de ces voyages, les expéditions restent particulièrement risquées. Les maladies — paludisme, fièvres, infections — constituent la principale menace. Le climat, souvent extrême, met également les hommes à rude épreuve. Des conflits locaux peuvent survenir et les pertes humaines sont fréquentes, surtout parmi les accompagnateurs, souvent les plus exposés. L’exploration du XIXe siècle apparaît ainsi comme une entreprise à la fois scientifique, humaine et financière, dont les récits héroïques ne rendent qu’imparfaitement compte de la réalité.













































