Monuments de Chantilly
Vous venez visiter le château de Chantilly ?
Profitez-en pour découvrir les trésors cachés de la ville !
Chantilly ne se résume pas à son château prestigieux : la ville regorge de monuments historiques, de curiosités architecturales et de lieux chargés d’histoire. Du centre-ville aux abords de la forêt, chaque rue, chaque place, chaque façade raconte un chapitre du passé princier, équestre et artistique de Chantilly.
Sur cette page, vous trouverez une carte interactive pour localiser les principaux monuments, ainsi que des descriptions pour vous guider dans votre découverte. Que vous soyez amateur de patrimoine, flâneur curieux ou visiteur en quête de balades originales autour du château, cette sélection vous aidera à ne rien manquer lors de votre passage à Chantilly.
Avant d’arriver à Chantilly, par la route D924A
La table de montgrésin
Ce vaste carrefour, en forme de soleil d’où rayonnent 12 routes droites a été crée lors de l’amenagements du domaine de Chantilly par André Le Nôtre (1613-1700). Il était le principal centre de rendez-vous de chasse à courre. La Table ronde en centre, en pierre d’un seul morceau, de 2m70 de diamètre est appellée aussi la Table du Roi. Le fils du Grand Condé, Henri-Jules de Bourbon-Condé (1643-1709), offrit le 22 août 1688, en ce lieu, au Grand Dauphin (1661-1711) un souper, après une chasse. Un palais de verdure y avait été dressé, la collation fut servie sur la table où vingt-quatre bassins de rôt, chacun entouré de quatre plats d’entremets chauds, suivis des entremets froids puis d’un service de fruits.
À la fin du repas, un cortège de quatre-vingt-dix « divinités de la forêt », conduit par le dieu Pan personnifié par Jean-Louis Lully (1667-1688) interprètent diverses musiques, tandis que les danseurs exécutent diverses danses champêtres.
À partir de ce carrefour, une des routes mene aux Étangs des Commelles.
Les étangs des Commelles
Les quatre étangs de Comelles sont créés au cours du 13e siècle par les moines de l’abbaye de Chaalis pour être utilisés comme viviers à poissons. Ils sont aménagés sur le cours de la Thève à l’endroit le plus resserré de la vallée, au cœur de la forêt de Chantilly. L’eau qui alimente plusieurs moulins, est canalisée par des bondes, des vannes et des conduites.
Le château de la Reine Blanche
Le seigneur de Viarmes, Pierre de Chambly, propriétaire de cette partie des étangs à partir de 1293, fait construire un logis flanqué de quatre tourelles. Il porte dès lors le nom de la Loge de Viarmes.
En 1825, le domaine de la Loge est cédé par son propriétaire, à Louis VI Henri de Bourbon-Condé.
Ce dernier charge aussitôt son architecte, Victor Dubois, de reconvertir la Loge en un rendez-vous de chasse. En 1882 le duc d’Aumale, reçut à Chantilly, l’empératrice d’Autriche Elisabeth (Sissi). Un rendez-vous de chasse fut organisé à l’occasion, au Château de la Reine Blanche.
Contrairement à la majorité du domaine de Chantilly, le château de la Reine Blanche n’est pas donné à l’Institut de France par le duc d’Aumale et il devient, à sa mort en 1897, la propriété du duc de Chartres. En 1910, après la mort du duc de Chartres, le domaine est fermé. En 1989 il est classé monument historique, et actuellement, il est loué par l’Institut de France.
L’appellation de Château de la Reine Blanche, semble être réliée à la Reine Blanche de Castille (1188-1252), mère de Saint-Louis, qui aurait séjourné, dans un château lui appartenant, situé en ces lieux, mais qui ne peut pas être l’actuel château qui n’existait pas à l’époque.
Cimetière Saint-Pierre
Le développement démographique de Chantilly, et les conséquences de la Première Guerre mondiale, conduit à la création d’un nouveau cimetière. L’emplacement retenu se situe à la périphérie de la ville, au lieu-dit La Fourrière, ainsi nommé d’après le bâtiment installé de l’autre côté de la route. Ce terrain avait déjà servi, durant la guerre de 1914-1918, de lieu d’ensevelissement pour les chevaux.
L’acquisition du site est réalisée en 1932, et les premières inhumations ont lieu en 1935. Deux ans plus tard, en 1937, le cimetière reçoit le nom de Saint-Pierre, en hommage au premier civil qui y fut enterré : Pierre Marquis, gardien du château.
Une touchante légende est attachée à cette première inhumation. On raconte que le chien de Pierre Marquis serait venu mourir sur la tombe de son maître, peu de temps après son enterrement. On ne voulut pas les séparer, mais comme il n’était pas possible d’inhumer un animal en terre bénite, la tombe du chien fut creusée de l’autre côté du mur, à quelques pas seulement.
Outre cette légende, le cimetière Saint-Pierre abrite la stèle érigée en 1965 à la mémoire des Français morts ou inhumés en Algérie et rapatriés à Chantilly, ainsi que les sépultures de plusieurs anciens maires de la ville. On y trouve également la tombe d’Amaury Émilien (1909-1977), journaliste, éditeur et publicitaire, et celle de Jean Bruce (1921-1963), créateur de la célèbre série OSS 117.
À Chantilly
La Piste des Lions (route du Connétable)
Percé en 1669-1670, face au château, cette allée cavalière longue de 4 km, sert aujourd’hui de piste d’entrainement pour les chevaux. Les deux lions qui encadrent la piste ont été commandés en 1707 par le fils du Grand Condé, Henri-Jules de Bourbon-Condé (1643-1709) au sculpteur Legrand.
La Grande Glacière
Cette butte qu’on rémarque à peine à droite sur la route de la Table (D 924A) est une des glacières que l’on trouve encore dans la ville. Dès le XVIe siècle on utilisait les glacières pour y stocker la glace pendant l’hiver, glace qui était ensuite utilisée pour rafraîchir les bouteilles de vin et liqueurs et de servir des sorbets et fruits givrés ou pour les malades.
Cette glacière pouvait contenir jusqu’au 600 000 kg de glace; a un diamètre de 9.25m et une profondeur de 11 m.
Pour en savoir plus : Les glacières du château de Chantilly
Notre publication
Les six arbres
On raconte que ces arbres auraient poussé là comme par enchantement. Une baguette magique les aurait fait surgir en une nuit.
La légende veut que, pour faire plaisir à la marquise de Prie Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, est une aristocrate française. Maîtresse du duc de Bourbon, elle a été, pendant quelques années, la femme la plus influente à la cour du jeune Louis XV. (1698-1727), qui avait émis l’idée qu’un groupe d’arbres sur la pelouse serait de plus beau effet, Louis IV Henri de Bourbon-Condé, Monsieur le Duc (1692-1740) lui fit la surprise en réalisant ce vœu et, en une nuit, six tilleuls furent transplantés à l’endroit où ils sont encore aujourd’hui.
Mais Gustave Macon, dans son « Histoire de Chantilly », précise que ces arbres figuraient déjà sur un plan de 1683, mais au nombre de quatre seulement. Un document de 1726, les nomme « Les quatre arbres » et c’est vers cette date que les deux autres ont été ajoutés (peut-être, par magie, en une nuit …! ).
La ville entretient toujours ces arbres en remplaçant ceux qui, trop vieux ou malades, ont dépérit.
La Chapelle Sainte-Croix
La chapelle Sainte Croix en Jérusalem est une des sept chapelles (Saint Pierre, Sainte Croix en Jérusalem, Saint Jean, Saint Paul, Saint Laurent, Saint Sébastien, Notre Dame) édifiées par Anne de Montmorency de 1534 à 1538. Deux autres de ces chapelles, Saint-Paul et Saint-Jean, existent encore dans le parc du château.
On lui donne encore, le nom de « Mère Marie » en souvenir de la famille Mary, un ménage de forestiers, qui y habitait au XIX siècle. Les enfants étaient envoyés « à la Mère Mary », lorsqu’on voulait les faire garder. La chapelle dédiéeà la Vierge a été démolie lors de la construction du Jeu de Paume en 1756.
Le monument voisin, possible la « Croix Jeanneton » (monument rappelant la mort d’une jeune fille tuée par la maladresse au tir d’un jeune noble) a marqué pendant la Terreur l’endroit où on déposait les corps des prisonniers morts au château. La croix qui ornait le haut de l’obélisque a été détruite pendant la Révolution.
Le château de Chantilly – musée Condé
Construit sur un promontoire au cœur de la vallée de la Nonette, le château de Chantilly est un chef-d’œuvre du patrimoine français. Forteresse médiévale devenue demeure princière, il a appartenu aux familles des Bouteillers de Senlis, d’Orgemont, Montmorency et Condé, puis au duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe. Ce dernier le reconstruit au XIXe siècle pour y exposer ses collections d’art et sa bibliothèque de manuscrits rares. En 1886, il lègue l’ensemble du domaine à l’Institut de France.
Le château ouvre ses portes au public en 1898 sous le nom de musée Condé. Il est aujourd’hui célèbre pour son architecture, ses jardins à la française dessinés par Le Nôtre et ses trésors artistiques.
La porte Saint-Denis
La majestueuse porte Saint-Denis, accolée aux Grandes Écuries, laisse imaginer la magnificence du projet imaginé par l’architecte Jean Aubert pour Louis-Henri de Bourbon, dit Monsieur le Duc. Un deuxième bâtiment dont il ne reste que cette façade, était prevu à cet emplacement. La mort du prince laissa ce projet inachevé et depuis, la porte donne accès à la ville par la route qui passe sous ses arcades. Le nom de Saint-Denis provient du fait que les moines de Saint-Denis avaient des propriétés foncières dans cet endroit.
Les Grandes Écuries et la Porte Saint-Denis ont été construites avec des pierres provenant de la carrière creusée sous la pelouse.
Sur un des piliers de la Porte Saint-Denis, à part la remarquable décoration, on peut encore voir deux anciennes plaques en métal : une plaque routière indiquant la Route de grande communication No. 138, de Chantilly à Louvre (dans Val d’Oise) et une plaque rappelant que la mendicité est interdite dans le département de l’Oise.
Les Grandes Écuries – musée vivant du cheval
Construites entre 1719 et 1735 pour Louis-Henri de Bourbon, dit Monsieur le Duc, les Grandes Écuries de Chantilly sont l’œuvre de l’architecte Jean Aubert. Véritable palais dédié aux chevaux, cet édifice exceptionnel de 186 mètres de long magnifie l’animal par son décor rocaille sculpté et ses espaces majestueux. En 1792, la statue de « La Renommée » qui ornait le sommet du dôme, fut transporté à Paris pour être fondue. Elle a été rétablie, en tout points fidèle à l’original (sauf le poids),en 1989 par Yves Bienaimé, le fondateur du Musée vivant du cheval.
Deux vastes nefs pouvaient accueillir jusqu’à 240 chevaux de chasse et 500 chiens, dans un cadre digne des plus grandes résidences princières.
Depuis 1982, elles abritent le Musée vivant du Cheval, consacré à l’art équestre et à l’histoire de la relation entre l’homme et le cheval.
Le Jeu de Paume
Le Jeu de Paume a été construit dans les années 1756-1757, par l’architecte Jean-François Leroy pour Louis-Joseph de Bourbon (1736-1818).
Vendu à la Révolution, ce bâtiment servit de salle de bal. En 1818, le Prince de Condé, à son retour de l’exil rachete le Jeu de Paume. Plus tard le duc d’Aumale le transforme en une anexe de son museé.
Aujourd’hui, le bâtiment sert de salle de conférences ou de salle d’exposition.
À l’entrée, on peut remarquer une borne armoriée, portant sur une face les armoiries du diocèse de Beauvais et sur l’autre face les armoiries du diocèse de Senlis. Après la création de la paroisse de Chantilly, une nouvelle délimitation de ces deux diocèses a été établie et quatre bornes furent plantées en 1693 pour marquer les nouvelles limites. La première de ces bornes a subsisté jusqu’à la création de la voie ferrée. Déplacée alors, enfuie sous terre, elle a été redécouverte longtemps après et transportée dans la cour de l’Hôtel-de-Ville. Elle fut donnée au musée Condé en 1907, par le Conseil Municipal de Chantilly et placée par les soins de M. Gustave Macon à l’entrée du Jeu de Paume, sur la limite des diocèses de Beauvais et Senlis avant la création de la paroisse de Chantilly,
L’Auberge du Jeu de Paume
Entre l’actuel hôtel de Beauvais et l’entrée du Jeu de Paume s’étendait autrefois la vigne du seigneur de Chantilly, plantée de muscat et d’arbres fruitiers. À cette époque, la route de Vineuil n’existait pas encore.
Cette vigne était toujours en place en 1661, lorsque le Grand Condé décida de la concéder comme terrain à bâtir. S’il avait acquis de vastes terres pour permettre au génie de Le Nôtre de s’y exprimer, le Prince comprenait aussi la nécessité de créer, près du château, un véritable village capable d’abriter le nombreux personnel qu’il employait et d’accueillir les visiteurs attirés par la renommée du lieu.
Une première hôtellerie, « La Croix Blanche », fut alors construite. Son enseigne prit ensuite le nom du « Pélican », avant que le fils du Grand Condé n’en fasse, en 1672, une poste aux chevaux.
Dans la partie occidentale de l’actuel n° 4 s’était déjà installée une autre hôtellerie, celle du « Grand Cerf ».
L’ensemble fut vendu à la Révolution à divers acquéreurs, puis le duc d’Aumale (1822-1897), redevenu propriétaire du domaine, racheta les bâtiments.
En 1906, les lieux accueillirent le pensionnat Notre-Dame, un institut privé pour jeunes filles, qui ferma ses portes en 1929.
Le département y installa ensuite la gendarmerie, jusqu’à son départ en 1987.
Les bâtiments restèrent inoccupés pendant plusieurs années, avant de retrouver une nouvelle vie en 2012, avec l’inauguration de l’Auberge du Jeu de Paume
L’église Notre-Dame de l’Assomption
Église paroissiale, Notre-Dame de l’Assomption, prévue dès 1684 par le Grand Condé (1621-1686) pour les habitants de Chantilly qui dépendaient alors soit de la paroisse de Gouvieux, soit de celle de Saint-Léonard, a été réalisée par son fils Henri-Jules (1643-1709). C’est l’architecte Pierre Gittard (1625- 1686) qui édifia l’église sur un plan de François Hardouin-Mansart (1598-1666).L’église fut consacrée en mars 1692.
Dévenue trop petite pour la population, elle fut agrandie par les soins de Louis-Henri, duc de Bourbon (1692-1740) en 1724, une travée lui fut adjointe et des bas-côtés qui lui ont fait perdre sa forme initiale de croix latine.
À l’intérieur, des peintures de Louis de Boulogne dit le Jeune (1654-1733), Léon Bénouville (1821-1859) et Jules Lenepveu (1821-1859), le monument des cœurs des Condé et l’orgue classé dépuis 1980.
Pour en savoir plus : L’église Notre -Dame
Le Pavillon Spoelbergh-Lovenjoul
Le Pavillon fut construit en 1731-1732 pour le duc de Bourbon. Il accueillait alors des logements pour ses employés – notamment Jean Leroy, intendant des bâtiments, et N. Delavigne, géographe auteur de précieuses cartes de Chantilly – ainsi qu’un garde-meubles et « un magasin de marbres et de bustes ».
Vendu à des particuliers à la Révolution, il devint en 1803 un pensionnat pour jeunes filles, repris en 1845 par les Dames de Saint-Joseph de Cluny, qui l’achetèrent en 1860.
Fermée en 1904 à la suite de la loi interdisant l’enseignement religieux, l’école laissa place, en 1909, à la bibliothèque du vicomte Charles de Spoelbergh de Lovenjoul (1836-1907), léguée à l’Institut de France.
En août 1914, les collections furent évacuées et l’édifice transformé en hôpital militaire, jusqu’en mars 1917, épisode documenté par le fonds photographique Vicaire.
En 1987, la collection fut transférée à la bibliothèque de l’Institut de France à Paris et le Pavillon vendu en appartements.
Un détail insolite mérite l’attention : un judas encore visible dans la porte, qui rappelle l’ancien rôle domestique ou réligieux du bâtiment.
Les façades et toitures du XVIIIe siècle sont inscrites aux monuments historiques depuis 1989.
L’Hémicycle du duc d’Aumale
Après la mort du duc d’Aumale (1822-1897), une souscription publique permit de réunir 75 000 F pour ériger une statue. Réalisée en 1899 par le sculpteur Jean-Léon Gérôme (1824-1904), sur les plans de l’architecte Honoré Daumet (1826-1911) et fondue par Siot-Decauville, elle fut inaugurée le 15 octobre 1899 en présence de la famille d’Orléans et de délégations militaires (du 2e hussards et 92e de ligne que commanda le duc d’Aumale) et de l’Institut.
Prévue d’abord place de l’Hôpital (actuelle place Omer Vallon), l’œuvre fut installée à son emplacement actuel sur la demande de Gérôme, afin que le regard du duc se tourne vers la ville. Elle représente le duc en uniforme de général de division, à cheval, saluant Chantilly d’un geste simple, son couvre-chef à la main.
Le piédestal porte deux bas-reliefs en bronze : la prise de la smalah d’Abd el-Kader (16 mai 1843) et sa reddition (23 décembre 1847), ainsi que l’inscription :
À Henri d’Orléans
duc d’Aumale
La ville de Chantilly
1899
Sous le régime de Vichy (1941), cette statue fut menacée de fonte, mais conservée par décision du maréchal Pétain, alors conservateur du château de Chantilly.
Sur le pilier central de l’entrée de l’hémicycle se trouve également une plaque en mémoire de l’abbé Charpentier (1882-1944), curé de Chantilly, qui dénonça publiquement la collaboration avec l’occupant allemand. Arrêté puis déporté, il mourut au camp de Mauthausen.
L’Hôtel de Beauvais
12 rue du Connétable
Cette maison est assurément la plus ancienne maison de la ville.
Construite en 1539, elle était affectée au services de chasses et des forêts du connétable Anne de Montmorency. Elle était connue sous l’appellation « logis (ou hôtel) de Beauvais », car elle était sur le territoire dépendant du diocèse de Beauvais. Disposée autour d’une cour pavée,donnant sur la rue du Connétable, elle a subi peu de transformations et est un exemple de l’architecture bourgeoise de la Renaissance.
En 1692, à la création, de la nouvelle paroisse de Chantilly, le premier presbytère fut installé dans l’hôtel de Beauvais.
En 1777, l’hôtel de Beauvais devient l’hôtel des Juridictions, le tribunal fonctionnait ici après le trasfert du siège de la justice des Princes de Senlis à Chantilly. André-Joseph Antheaume de Surval, le procureur-fiscal-général, habitait l’Hôtel des Juridictions. Après le départ des Princes en 1789, Antheaume de Surval reste à Chantilly en sa qualité de régisseur général du domaine. Lors de la constitution des municipalités en novembre 1789, il est nommé maire de Chantilly et l’hôtel de Beauvais devient le premier Hôtel-de-Ville de Chantilly.
En 1792, les biens de Condé sont confisqués, l’hôtel de Beauvais est vendu en 1799, en même temps que le château. Entré dans le domaine privé, l’hôtel de Beauvais reste un temoin exceptionnel de l’histoire de la ville.
Tribunes du hippodrome
En 1847, le duc d’Aumale demanda à son architecte Grisard de créer de nouvelles tribunes pour remplacer les premières assez fragiles. Celles que nous voyons actuellement sont l’oeuvre d’Honoré Daumet, architecte du château et datent de 1881*. Elles sont construite sur un terre-plein constitué d’un amas de matériaux provenant de la démolition, en 1879, d’un ancien réservoir.
La tribune des Princes, datant de 1847, fut réédifiée en 1911 par l’architecte Saint-Ange.
Le bâtiment de pesage est pour sa part construit en 1891 par Charles Girault, élève de Daumet.
L’ensemble de la grande tribune publique, de la tribune du comité et du bâtiment du pesage (ancien) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 27 octobre 1995
* Le hippodrome a été modernisé en 2003-2004, 2006-2007 et 2011-2012.
Hôtel de Quinquempoix
52-54 rue du Connétable
Dans la cour, fut construite en 1553, une maison qui appartint à Jean-François de Warty, l’écuyer d’écurie du duc de Montmorency. Le Connétable, plus tard, y installa ses « chenils » et ensuite le Grand Condé l’affecta aux ateliers de ses menuisiers et serruriers. Deux ans avant la Révolution, le prince de Condé créa une école gratuite de dessin, logée dans le bâtiment sur rue. L’école cessa son activité en 1791 et les maisons furent vendues comme bien d’émigré.
La gare SNCF
place de la Gare
Construite en 1858, par l’architecte Jules Léon Lejeune (1800 – 1877, architecte de la Compagnie des Chemins de fer du Nord) son architecture respecte le modèle imposé par la compagnie. La ligne directe Paris-Creil fut inaugurée le 10 mai 1859. Elle nécessita la construction des viaduc de Commelles (500m longueur, 40m hauteur) et de la Canardière.
Le premier chef de gare Biszetsky était aussi un excellent caricaturiste dont on peut encore admirer les dessins, dans le restaurant « Chez Giorgio », 6 avenue du Maréchal Joffre. La gare a été réaménagée à plusieurs réprises.
Le Grand Condé
avenue du Maréchal Joffre
Construit vers 1908, cet hôtel faisait partie de la chaîne des hôtels Ruhl.Chaîne d’hôtels de luxe construits au début du XXe siècle, à l’architecture néoclassique et à l’ornementation opulente, presque baroque, fondée par l’homme d’affaires Henri Ruhl (1869-1953). Destiné à accueillir les voyageurs fortunés attirés par les courses hippiques, il connaît une tout autre affectation en novembre 1914, lorsque le Grand Quartier Général des armées (G.Q.G.) y est installé.
C’est depuis cet hôtel que le généralissime Joseph Joffre (1852–1931), commandant en chef des opérations militaires, dirige les grandes manœuvres de la défense française, notamment l’organisation de la bataille de Verdun. Le G.Q.G. centralise les principaux services liés à la stratégie militaire : planification des opérations, gestion des effectifs et du matériel, renseignement, aviation, cartographie… sans oublier un service colombophile logé sous les toits ! Avec les services et les unités chargées de la protection, plus de 1 200 soldats cantonnent alors à Chantilly, transformant le quotidien de la ville, rythmée par les défilés militaires, couvre-feux, rues interdites, laissez-passer.
Le général Joffre logeait à la villa Poiret, à deux pas du Grand Condé. En décembre 1916, le G.Q.G. quitte Chantilly pour s’installer à Beauvais.
En 1939, le bâtiment devient un centre d’archives de la S.N.C.F., et c’est là que se serait organisée la Résistance-FerLa Résistance-Fer était un mouvement de Résistance composé de cheminots français, qui jouèrent un rôle majeur dans le sabotage des réseaux ferroviaires durant l’Occupation..
Après l’armistice de 1940, le Grand Condé est occupé par divers services de l’armée allemande, jusqu’à la libération de Chantilly, le 31 août 1944. Il est alors investi, pour un temps, par la 8e U.S. Air Force.
L’hôtel sera ensuite vendu et transformé en <>appartements.
La villa Poiret
avenue de la Libération
Construite vers 1885, par M. et Mme Poiret. M Frédéric Théodore Poiret (1845-1928) était administrateur de la Compagnie des Chemins de fer du Nord, conseiller municipal de Chantilly, Chevalier de la Légion d’honneur.
La « Villa Poiret » connaîtra son « heure de gloire » pendant la guerre, lorsque le général Joffre s’installe dans la villa. Il y recevra, entre autres, le président Raymond Poincaré, le roi Albert Ier de Belgique, le Grand-duc Nicolas de Russie, les généraux French (Grande Bretagne), Gilinsky (Russie), Porro (Italie) et Wielemans (Belgique), René Viviani, Aristide Briand, Alexandre Millerand, Joseph Gallieni ou encore Horatio Herbert Kitchener et Douglas Haig.
Statue du maréchal Joffre et le Monument aux morts
avenue du Maréchal Joffre

En souvenir du long séjour, du 1914 au 1916, du Généralissime des Armées Françaises au Grand Quartier Général dans l’Hôtel du Grand Condé et la villa Poiret la ville de Chantilly éléva une statue au Maréchal Joseph Joffre (1852-1931). La statue a été inaugurée le 21 juin 1930 en présence du maréchal, du président Doumergue, du ministre A. Maginot des maréchaux Lyautey et Petain et du maire de Chantilly M. A. Jolly. L’ancienne Avenue de la Gare, fut rebaptisée Avenue du Maréchal Joffre, la même, année.
Le Monument aux morts, érigé en 1922 grâce à une souscription publique, en mémoire des Cantiliens morts pendant les guerres. Le projet est réalisé par l’architecte A. Sassua, qui hebitait à Chantilly à cette époque et M. Gasnier, entrepreneur de Bourges. La statue de la Victoire, du sculpteur Laurent Honoré Marqueste (1848-1920), éditée par la fonderie d’art de Gustave Leblanc-Barbédienne, s’elève en haut de la colonne.
Le Grand Canal
Le Nôtre (1613-1700) et son équipe d’ingénieurs, appelés par le Grand Condé pour l’aménagement du parc du château, réalisent à Chantilly un extraordinaire système hydraulique. La Nonette, petite rivière qui prend sa source à Nanteuil-le-Haudouin, est canalisée à son entrée dans le parc du château et alimente le Grand canal, long de 2500m et large de 30m, qui à une époque portait « les gondoles » des promeneurs.
Porte Richard-Lenoir
route de Creil
François Richard-Lenoir (1765-1839), l’un des principaux négociants en coton au début du XIXe siècle, installe dans les « Usines », les bâtiments construit en 1787, au bord des canaux, par le prince Louis-Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), une filature de coton et un atelier de tissage. Il fait construire dans le parc, la « maison à colonnes ». Il ne reste aujourd’hui de tout cet ensemble, que la porte dite « Richard-Lenoir » au bord de la route de Creil
Le Pavillon de Manse
34 rue des Cascades
Cet édifice fut construit pour abriter la machine hydraulique qui devait alimenter en eau les bassins et jets du parc et aussi la Ville.
Le Grand Condé avait, dit-on, dessiné le plan mais ce fut l’ingénieur Jacques de Manse (1629-1699) qui exécuta l’ouvrage qui porte aujourd’hui son nom.
En 2005, la machine hydraulique du prince de Condé a été remise en fonction après la réconstitution par des bénévoles.
Les Potagers et la Faisanderie
rue des Potagers
La rue des Potagers évoque la culture des jardiniers des princes de Condé, avant que cette rue et celle de la Faisanderie ne soient percées. Le Potager-haut s’étendait derrière les maisons de la rue du Connétable, entre le jardin de la Capitainerie (derrière les no. 14 à 20) et le passage des Potagers (actuel no.58), il longeait au nord le grand mur des bosquets de la Tenaille et la Faisanderie. Il était prolongé par des vergers jusqu’à l’allée de l’abreuvoir (actuelle avenue du Bouteiller). La rue où l’on arrive doit son nom à la Faisanderie, bâtie en 1682 par le Grand Condé pour alimenter en gibier les tirées du parc. Ses jardins en terrasses se terminent à l’allée du canal Saint-Jean et se prolongeaient vers l’ouest jusqu’à l’allée de l’abreuvoir pour former le Potager-bas. Au XIXe siècle, il y avait dans cette petite rue cinq établissements de courses.
Aujourd’hui, le parc animalier « Le Potager des Princes », ouvert en 2002 met en valeur ces anciennes activités.
Le Canal Saint-Jean
La Nonette avait un cours un peu sinueux avant que les travaux d’aménagement de Le Nôtre ne transforment le paysage en ce qu’il est de nos jours.Le canal doit son nom à la chapelle consacrée à Saint-Jean l’Évangéliste, édifiée par Anne de Montmorency en 1534. La chapelle a été déplacée vers la tête du Grand Canal, mais ce petit canal qui part de son premier emplacement, route de Vineuil, a gardé son nom. Le canal conduit vers le Pavillon de Manse une partie des eaux du parc. En suivant le canal vers l’ouest, on passe à l’endroit où arrivaient les Grandes Cascades. Dans la dernière propriété à gauche se trouvait le Grand Jet, le plus haut de Chantilly.
Le Pont du Roi
route de Creil
Le pont construit en 1771 sous les directives de Jean-Rodolphe Perronet (1708 – 1794), ingénieur et architecte français, fondateur et premier directeur de l’École des ponts et chaussées est décrit ainsi par son concepteur:
« Ce pont situé près et au-dessous du château, ainsi que d’une belle prairie dont on ne voulait pas masquer la vue que le moins possible, on a été obligé de rendre ce pont très léger, et d’y placer des gardes-fous en fer avec des trottoirs et des bornes au-devant pour défendre ces gardes-fous du choc des voitures. Ce pont est compose de trois arches surbaissées au quart, celle du milieu de 16 pieds (5 mètres, 20 centimètres) d’ouverture et les deux autres de 15 pieds (4 mètres, 47 centimètres). Les culées et les piles sont chacune de 5 pieds d’épaisseur (1 mètre, 62 centimètres). Ce pont est un peu en biais sur la direction de la rivière et sa largeur est de 24 pieds (7 mètres, 80 centimètres) d’une tête à l’autre. Il est revenu à 14 588 livres. »
Ancienne Manufacture de porcelaine
4, rue de la Machine
Après des essais probants dans les soubassements du château, Monsieur le Duc ( Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé 1692-1740) décida de créer sa propre manufacture de porcelaine. Il acheta, en 1730, le terrain sur le Chemin des Marais qui prit le nom de rue du Japon en honneur du genre de décor qui ornait les pièces de porcelaine. La manufacture a produit de la porcelaine fine jusqu’en 1792, lorsqu’elle a été vendue à l’anglais Potter, qui fabriqua des objets en terre de pipe « façon anglaise ». La fabrication s’arrêta vers 1870.
2 Commentaires
Soumettre un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.























#Pont du Roi : souvent on a dit que son nom est du « à la route royale qu’il porte ». Une observation linguistique me fait penser qu’il doit son nom au gué qui très probablement se trouvait à cet endroit. Les Gaulois utilisaient le mot celtique ritu- pour désigner un gué, terme que l’on retrouve dans de nombreux toponymes ( ex : Longroy » long gué » ). Le mot a une survie tardive dans le nord de la France (Seine-Maritime, Oise et Nord) sous la forme -r(e / a)y / –roy ou –roi
#Le Pont du Roi : Dans la description de ses ouvrages Jean-Rodolphe Perronet, nomme ce pont le Pont des Fontaines,je suppose du nom de Petites Fontaines qui se situaient entre le bas de la rue de Creil et le bas de la rue de la Machine, et indique 1760 comme l’année de sa construction. Réf : « Description des projets et de la construction des ponts de Neuilli, de Mantes, d’Orléans, de Louis XVI, etc » – page 189