Depuis une dizaine d’années tous les indices archéologiques, sur la surface de la forêt de Chantilly ont été répertoriés et tous les sites préhistoriques, habitations romaines ou médiévales, voies de communication ont été fichés et cartographiés.
Les limites d’un site sont discernables par des irrégularités de relief et des anomalies botaniques.
Un quartier d’habitation “fossilisé” en sous-bois présente en général une succession de dômes et de dépressions alternées. Les dépressions sont entourées par des intumescences et leur humus est d’une couleur plus sombre que la teinte plus claire du voisinage.
Les dépressions coïncident avec le centre des pièces d’habitation et les dômes avec l’axe des murs. Sur les traces visibles on peut retrouver le seuil des portes, la margelle des puits, les descentes de cave, les voies d’accès.
Les anomalies topographiques sont toujours associées à des anomalies botaniques.
L’existence d’enclos de végétation calcicole dans les bois où le calcaire fait défaut est discernable en milieu calcifuge. Il est donc indispensable de connaître la liste des arbres et des plantes qui croissent en milieu calcicole ou en milieu calcifuge.

Les espèces calcicoles les plus souvent représentées sont:

l’érable champêtre, le noisetier, le pin noir d’Autriche, le poirier, le pommier, le prunellier, le fusain, le cornouiller mâle, le cornouiller sanguin, la ronce, le buis sauvage,la viorne, l’aubépine, la cytise, l’ortie dioïque et l’ortie jaune, la chélidoine, la mercuriale vivace, la circée ou l’herbe aux magiciens.

Les espèces calcifuges sont mieux connues des promeneurs:

châtaignier, pins maritime et sylvestre, genêt, fougère aigle, bruyère, digitale, germandrée scaradoine et se rencontrent en abondance dans nos forêts généralement établies sur sol acide.

Mais notons que le caractère acide ou basique d’un sol forestier est tout à fait relatif et que tous les cas intermédiaires peuvent se rencontrer.
Grâce aux observations des plantes calcicoles en milieu calcifuge, corroborées avec la présence des fossés et talus spécifiques, nous avons pu recenser une soixantaine de structures essentiellement de l’époque romaine, ce qui nous donne à penser qu’une bonne partie de la forêt de Chantilly était en culture à ce temps là.